La prise de la Bastille
| La Prise de la Bastille, par Jean-Pierre Houël (1789). |
| Motion au jardin du palais-Royal, gouache de Lesueur(Paris, musée Carnavalet) |
La foule des émeutiers exige la baisse du prix des grains et du pain.
Le 14 juillet, 10 h, les émeutiers s’emparent des fusils entreposés aux Invalides. Devant le refus de son gouverneur, une foule composite (près de 80 000 personnes dont un millier de combattants) se présente pour s’en emparer de force
La foule escalade les fossés, défonce les grilles, descend dans les caves et s’empare des 30 000 à 40 000 fusils à poudre noire qui y sont stockés ainsi que vingt pièces de bouches à feu et d’un mortier. Les Parisiens sont désormais armés. Il ne leur manque que de la poudre à canon et des balles. Le bruit court qu’il y en a au château de la Bastille.
À 10 h 30, une délégation de l'Assemblée des électeurs de Paris se rend à la Bastille. La délégation a pour mission de demander le retrait des canons et la distribution de la poudre et des balles aux Parisiens qui forment la « milice bourgeoise ».
À 11 h 30, une deuxième délégation menée à l'initiative de Jacques Alexis Thuriot, accompagné de Louis Éthis de Corny, procureur de la ville, se rend au fort de la Bastille
Une explosion, prise à tort par les émeutiers comme une canonnade ordonnée par le gouverneur, déclenche les premiers assauts. Des émeutiers pénètrent dans l'enceinte par le toit du corps de garde et attaquent à coups de hache les chaînes du pont-levis.
À 13 h 30, les quatre-vingt-deux invalides défenseurs de la Bastille et trente-deux soldats suisses détachés du régiment de Salis-Samade ouvrent le feu sur les émeutiers qui continuent leurs assauts sur la forteresse, faisant une centaine de tués.
À 14 h, une troisième délégation se rend à la Bastille dans laquelle se trouve l’abbé Claude Fauchet, suivie à 15 h d'une quatrième
À 15 h 30, un détachement de soixante-et-un hommes des Gardes françaises, se présentent au milieu d'une vive fusillade devant la Bastille.
Les émeutiers, parmi lesquels on dénombre une centaine de tués et soixante-treize blessés envahissent la forteresse, s’emparent de la poudre et des balles, puis libèrent les sept captifs qui y étaient emprisonnés.
| La Prise de la Bastille, anonyme vers 1790, musée de la Révolution française |
Outre les prisonniers, la forteresse héberge les archives du lieutenant de police de Paris qui sont soumises à un pillage systématique. Ce n’est qu’au bout de deux jours que les mesures sont prises par les autorités afin de conserver ces traces de l’histoire. Même Beaumarchais, dont la maison est située juste en face, n’avait pas hésité à puiser dans les papiers. Dénoncé, il doit d’ailleurs les restituer.
| Liste des prisonniers enfermés à la Bastille du 1er au 14 juillet 1789. Archives nationales AE/II/1166(c). |
À 18 h, ignorant la chute de la Bastille, Louis XVI ordonne aux troupes d’évacuer Paris. Cet ordre est apporté à l’hôtel de ville à deux heures du matin.
Le 14 juillet 1789, en rédigeant son journal intime, le Roi qui revenait d'une partie de chasse, écrira pour cette même date : « Rien » car il était revenu bredouille de la chasse.
La légende rapporte que le Roi ne put être tenu informé des événements parisiens le jour même. Ce n'est que le lendemain, à son réveil le 15 juillet à 8 heures, à Versailles, que le duc de La Rochefoucauld-Liancourt annonça à Louis XVI la prise de la Bastille. Le dialogue suivant a souvent été cité par les historiens du xixe siècle :
— C’est une révolte ? » demanda Louis XVI.
— Non sire, ce n’est pas une révolte, c’est une Révolution.» (Se non è véro, è bène trovato !). répondit le duc de La Rochefoucauld.
| Prise de la Bastille, peinture de Jean-Baptiste Lallemand vers 1790, Paris, musée Carnavalet |
Le 14 juillet, cinq de six bataillons des Gardes-Françaises s'étaient mutinés et certains avaient rejoint les émeutiers.
Entérinant la réussite de l'insurrection, le roi Louis XVI rappelle Jacques Necker à la tête du ministère des Finances.
La loi faisant du 14 juillet une journée de Fête nationale annuelle a été promulguée le 6 juillet 1880. Si le 14 juillet est généralement associé à la prise de la Bastille en 1789, c'est dans les faits le 14 juillet 1790, la fête de la Fédération, qui est officiellement commémoré en France depuis plus d'un siècle. « La chute de la Bastille, c'est la chute de toutes les Bastilles […], s'exclame Victor Hugo à l'Assemblée à la veille du vote de la loi […]. Le 14 juillet marque la fin de tous les esclavages, c'est la fête de toutes les nations. »
Dans, Réflexions sur la Révolution Française, 1790, Edmund Burke écrit: “Les rois sont ambitieux. La noblesse hautaine. Le peuple tumultueux et ingouvernable. ”
Pour montrer une fois encore l'importance de la Révolution française dans l'histoire de l'humanité, Victor Hugo écrit dans, Les Misérables, “N'importe, et quoi qu'on en dise, la Révolution française est le plus puissant pas du genre humain depuis l'avènement du Christ.”
NB: Gardez-vous de juger l'histoire, les personnages et leurs pensées.
Sources: gouvernement.fr; Wikipédia; hérodote.net ; viepublique.fr; Le monde; le Figaro
Affaire Dreyfus
Le 12 juillet 1906, Alfred Dreyfus est totalement réhabilité après des années d'affaire, de tractations, de haine, de violence et de rebondissement avec un arrêt de la Cour de Cassation .
| Photo de la cérémonie de réhabilitation de Dreyfus (Herodote.net) |
Que s'est-il réellement passé ?
À la fin de l'année1894 , le capitaine de l'armée française Alfred Dreyfus, polytechnicien, Juif d'origine alsacienne, accusé d'avoir livré aux Allemands des documents secrets. Il est condamné au bagne à perpétuité pour trahison et déporté sur l'île du Diable. À cette date, l'opinion comme la classe politique française est unanimement défavorable à Dreyfus.
Certaine de l'incohérence de cette condamnation, la famille du capitaine, derrière son frère Mathieu, tente de prouver son innocence, engageant à cette fin le journaliste Bernard Lazare. Parallèlement, le colonel Georges Picquart, chef du contre-espionnage, constate en mars 1896 que le vrai traître est le commandant Ferdinand Walsin Esterhazy. L'état-major refuse pourtant de revenir sur son jugement et affecte Picquart en Afrique du Nord.
Émile Zola publie « J'accuse… ! », réquisitoire dreyfusard qui entraîne le ralliement de nombreux intellectuels. Un processus de scission de la France est entamé, et se prolonge jusqu'à la fin du siècle. Des émeutes antisémites éclatent dans plus de vingt villes françaises. On dénombre plusieurs morts à Alger. La République est ébranlée, certains la voient même en péril, ce qui incite à en finir avec l'affaire Dreyfus pour ramener le calme.
Émile Zola, « J'accuse… ! » à la une du journal L'Aurore, .
Dreyfus va comparaître plusieurs fois au tribunal mais il sort toujours coupable après le verdict.
Le 14 août, dans cet imbroglio judicaire son avocat Me Labori est victime d'un attentat sur son parcours vers le tribunal.
Accusé de diffamation, Zola est convoqué aux assises. Le procès s'ouvre dans une ambiance de grande violence : Zola récolte des insultes (« italianasse », émigré, apatride)
La foule agresse Émile Zola lorsque l'écrivain sort de son procès à Versailles en .
Zola aux outrages, huile sur toile peinte par Henry de Groux, 1898.
Jules Renard écrit dans son journal :
« À partir de ce soir, je tiens à la République, qui m'inspire un respect, une tendresse que je ne me connaissais pas. Je déclare que le mot Justice est le plus beau de la langue des hommes, et qu'il faut pleurer si les hommes ne le comprennent plus. »
Le , la chambre criminelle rend son rapport en mettant en exergue deux faits majeurs : il est certain qu'Esterhazy a utilisé le même papier pelure que le bordereau et le dossier secret est totalement vide. Ces deux faits majeurs anéantissent toutes les procédures contre Alfred Dreyfus à eux seuls.
| Photographie du bordereau datée du . L'original a disparu entre 1900 et 1940. |
Le lendemain du verdict, Alfred Dreyfus, après avoir hésité, dépose un pourvoi en révision. Waldeck-Rousseau, dans une position difficile, aborde pour la première fois la grâce. Pour Dreyfus, c'est accepter la culpabilité. Mais à bout de force, éloigné des siens depuis trop longtemps, il accepte. Le décret est signé le 19 septembre et il est libéré le . Nombreux sont les dreyfusards frustrés par cette solution. L'opinion publique accueille cette conclusion de manière indifférente.
Préférant éviter un troisième procès, le gouvernement a donc décidé de gracier Dreyfus : le président Émile Loubet le signe le décret après de multiples tergiversations. Dreyfus n'est pas pour autant innocenté. Le processus de réhabilitation ne sera achevé que près de sept ans plus tard, sans éclat ni passion.
Enfin, le 12 juillet 1906, sous le gouvernement présidé par Ferdinand Sarrien, auquel participent Georges Clemenceau et Aristide Briand, l'Affaire trouve son épilogue avec un arrêt de la Cour de Cassation qui casse le jugement du 9 septembre 1899.
Dreyfus est réintégré dans l'armée, avec le grade de chef d'escadron (commandant), par la loi du
Dreyfus est définitivement innocenté. En reconnaissance de son extraordinaire ténacité dans l'épreuve, il est fait chevalier de la Légion d'honneur dans la cour de l'École militaire le 21 juillet 1906, non loin de l'endroit où il a été dégradé onze ans plus tôt ! L'émotion est extrême ainsi qu'il le raconte dans ses mémoires : après la remise de l'insigne, « les troupes défilèrent devant le général Gillain, devant le commandant Targe et devant moi, les officiers saluant du sabre au passage. Les cuivres chantèrent haut et clair en ce jour d'allégresse. Les troupes disparurent. Aussitôt on m'entoura en criant : « Vive Dreyfus ! » Non, m'écriai-je : « Vive la République, vive la vérité ». Les mains se tendirent vers moi... ».
L'origine de l'affaire Dreyfus, bien que totalement éclaircie depuis les années 1960, a suscité de nombreuses controverses pendant près d'un siècle. Il s'agit d'une affaire d'espionnage dont les intentions sont restées obscures jusqu'à nos jours. De nombreux historiens parmi les plus éminents expriment plusieurs hypothèses distinctes sur l'affaire, mais tous arrivent à une conclusion unique : Dreyfus était innocent.
La constitution civile du clergé
Nous sommes à Paris le 12 juillet 1790 durant la Révolution française, un décret fut adopté par l'Assemblée nationale constituante : la constitution civile du clergé.
| Promulgation de la constitution civile du clergé(gravure allégorique, BN) |
Pour rappel, la France avait hérité du moyen âge d'un Etat influencé par l'église. Cette dernière bénéficie d'un immense privilège et accumulait une grande fortune. Ce décret va causer la ruine de la Révolution démocratique inaugurée un an plus tôt.
Une réforme unilatérale
Le 2 novembre 1789, les députés français ont voté la nationalisation des biens de l'Église. Ils ont par ailleurs dissous les ordres religieux contemplatifs le 13 février 1790, tout en ménageant les religieux qui s'occupent d'enseignement ou d'oeuvres caritatives. Évidemment, ils ont mis en oeuvre ces réformes sans en référer au pape.
Dans la foulée, les députés veulent mettre l'Église de France en harmonie avec les nouvelles institutions nationales. Un « comité ecclésiastique » rédige la Constitution civile du Clergé et la soumet à l'Assemblée. Le document abroge le concordat conclu en 1516 entre le roi François 1er et les représentants du pape sans se référer à ce dernier.
– La carte religieuse est calquée sur la carte administrative avec un diocèse par département (83 au total) au lieu de 135 précédemment, aux contours parfois extravagants.
– L'État s'engage à appointer les évêques et les curés. Il fixe des niveaux de traitements d'ailleurs tout à fait convenables. 50 000 livres pour l'évêque métropolitain de Paris, 20 000 livres pour les autres évêques, 1 200 à 6 000 livres pour les curés.
– Les curés et les évêques sont invités à prêter « en présence des officiers municipaux, du peuple et du clergé, le serment d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi, et de maintenir de tout son pouvoir la constitution ».
| Serment du Curé de Sablière |
– Les évêques et les curés doivent être désignés par les électeurs de leur paroisse ou de leur diocèse, que ces électeurs soient catholiques, athées, protestants ou encore voltairiens... Le pape n'a plus d'avis à donner sur ces nominations (il est vrai que les souverains de l'Ancien Régime avaient déjà pris l'habitude de s'arroger le choix des évêques au détriment du souverain pontife).
À propos de la Constitution civile du clergé, Monseigneur Boisgelin, archevêque d'Aix, note judicieusement : « Jésus-Christ a donné mission aux apôtres et à leurs successeurs pour le salut des fidèles ; il ne l'a confiée ni aux magistrats ni au roi » (Jean Tulard, Les révolutions de 1789 à 1851, Fayard, 1985).
Deux jours plus tard, le 14 juillet 1790, les Français et la famille royale célèbrent ensemble la Fête de la Fédération. La Révolution semble close et la monarchie constitutionnelle bien installée.
Le 10 mars 1791, le roi reçoit l'avis négatif du pape Pie VI. Ce dernier, opposé à l'élection des curés et des évêques par les fidèles, condamne en bloc la Constitution civile du clergé. Par la suite, lorsque des évêques élus conformément à la Constitution civile solliciteront son investiture, il la leur refusera, les plaçant devant l'obligation de choisir entre Rome et la Révolution.
Voyant cela, l'Assemblée exige du clergé, le 27 novembre 1790, un serment de fidélité à la Constitution civile du clergé... La moitié des curés et tous les évêques sauf 4 (dont Talleyrand et Loménie de Brienne) s'y refusent ! C'est la rupture entre les catholiques et la Révolution. Les ecclésiastiques qui prêtent serment sont appelés jureurs, assermentés ou constitutionnels ; les autres insermentés, non-jureurs ou réfractaires.
Le 29 novembre 1791, un décret donne aux administrateurs locaux de déporter les prêtres de leur domicile en cas de trouble.
La rupture est consommée le 13 avril 1791 avec un bref du pape (un décret) qui déclare la Constitution civile du clergé « hérétique et schismatique » ! Le roi Louis XVI, très pieux, est dès lors confronté à un dilemme qui va le conduire à la fuite à Varennes.
Enfin, la paix religieuse est totalement revenue avec Bonaparte , alors 1er Consul, qui signe le Concordat avec le Pape en 1801.
Le Massacre de Srebrenica
ça s'est passé le 07 juillet
![]() |
Les soldats de l'ONU assistent impuissants au tri des civils de Srebrenica |
![]() |
| Les civils regroupés avant leur massacre (INA) Agrandissement: Pierres tombales au Mémorial du génocide de Potocari près de Srebrenica |
Un génocide, quelque qu’il soit, est celui de l’humanité toute entière qui se poignarde et anéantit une partie d’elle-même. Même éloigné géographiquement, il n’est pas celui des autres, d’un peuple éloigné avec lequel nous n’avons aucune attache.
La conférence d'Evian
« Lorsque cette guerre sera finie, il y aura en Europe et en Asie des milliers ou peut-être des millions de gens qui ne sauront pas où aller. Il faudra bien que quelqu’un fasse quelque chose – et en grand – pour résoudre ce problème. Si nous voulons être prêts à temps, nous avons intérêt à chercher des réponses dès maintenant. »
-
Histoire du jour Une invention dans le monde bancaire Le 27 juin 1967 , De La Rue a dévelo...
-
OCCUPER LES ENFANTS AVEC LES ECRANS : ET SI LA SOLUTION ETAIT AILLEURS ? Aahh...enfin les vacances ! A Dieu les classes ! Vous avez c...
-
HISTOIRE DU JOUR Que sait-on de la création du CIO ? Le 23 juin 1894 , fut créé à Paris le Comité international Olympique à l’occa...

